La baisse de 30 % des investissements directs dans le monde repousserait la
reprise en 2011 selon les spécialistes, mais d’autres faits récents vont dans une
sortie de crise plus rapide, l’optimisme des opérateurs étant en dernier ressort le
point décisif.
La situation Américaine s’améliore progressivement et la tendance à court terme
est plutôt à l’optimisme. Depuis plusieurs mois les attentes des marchés
mondiaux sur les différents indicateurs de l’économie Américaine sont toujours
dépassées dans le bon sens. Le pronostic de sortie de crise annoncée au début
2010 depuis plusieurs mois se confirme. De ce fait l’actif « dollar » n’est plus
assez risqué aux yeux des investisseurs qui préfèrent l’Euro jugé plus
rémunérateur. Ce dernier approche les 1,5 dollar ce qui n’est pas encore un
niveau record.
La reprise des fusions acquisitions est un signe non négligeable d’une reprise
annoncée. Elle va entraîner une concentration accrue et un rôle renforcé des
Multinationales qui restent trop étrangement silencieuses sur la situation réelle
de l’économie. Cette reprise va être accélérée par le désengagement des Etats de
certains secteurs jugés par eux non prioritaires de fait soit déficitaires soit trop
gourmands en capitaux.
En France en neuf mois à la bourse, 90 % des entreprises du CAC 40 ont
retrouvés une croissance positive depuis le 31 décembre 2008, dont 25 % avec
un taux de plus de 50 %. Les amortisseurs de la crise liés à l’omniprésence de
l’Etat et des services publics dans l’économie ont limités le déficit.
A l’inverse la reprise devrait être freinée pour les mêmes raisons. Le poids de la
dette et le financement futur des retraites va entraîner une augmentation des
prélèvements et limiter d’autant la reprise. La mise en place d’une politique
d’immigration volontaire pour pallier le manque d’acteurs économiques actifs
est donc indispensable.
La crise est partie de la finance ( encore que certains analystes penchent plutôt
pour le mauvais comportement des Etats dont le rôle n’est pas neutre ), elle est
en train de s’effacer grâce à elle .Les Etats sortent très affaiblis de cette crise du
fait de leur surendettement et sont encore plus désarmés face à une activité
financière qui va se renforcer considérablement.
Qui va gagner ? Les Etats ou la Finance ?
Paul LAMY
Economiste
dimanche 27 septembre 2009
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